2026, année record pour le tourisme au Québec?
Au cours des derniers jours, deux différents sondages majeurs convergent effectivement vers cette conclusion. D'une part, le sondage Synopsis–La Presse publié il y a quelques jours dévoile que près des trois quarts des Québécois disent éviter de partir en vacances chez nos voisins du Sud en raison du contexte politique. Ce n'est donc pas une humeur passagère, ni une réaction épidermique aux sorties de Trump du lundi matin : c'est une tendance de fond qui s'installe.
Dans les quatre premiers mois de 2026, le nombre de traversées en voiture vers les États-Unis était encore en baisse de 10 % par rapport à l'année précédente. Julien Frédéric Martin, professeur au département des sciences économiques de l'UQAM, le dit sans détour : « C'est quelque chose qui ne s'essouffle pas et qui est assez spécifique au Canada. » D'autres pays ont aussi boudé les destinations américaines, mais nulle part on n'observe une chute aussi constante et marquée qu'ici.
D'autre part, le quotidien torontois Globe & Mail publiait également il y a quelques jours un article allant dans le même sens, montrant en neuf différents tableaux comment le Canada s'apprêtait à mieux tirer son épingle du jeu avec les bouleversements actuels dans le monde du voyage.
La guerre en Iran et ses répercussions
À l'échelle mondiale, le contexte aggrave les choses pour les voyageurs qui rêvaient d'ailleurs. La guerre en Iran a fait bondir les prix des billets d'avion internationaux de 15 % par rapport au printemps 2025. Et même en acceptant de payer plus cher, rien ne garantit que votre vol aura lieu : les compagnies aériennes ont déjà éliminé des dizaines de milliers de vols jusqu'en octobre.
Air Transat a carrément suspendu toutes ses routes américaines pour cet été. Résultat : une frange significative de voyageurs québécois se retrouve à planifier des vacances par élimination. Et le Québec se retrouve, souvent par défaut, en haut de la liste, ce qui n'enlève rien à son attrait réel, mais oblige à nuancer l'enthousiasme.
Car le sondage Synopsis contient aussi un signal d'alarme que l'industrie aurait tort d'ignorer. Un peu moins de la moitié des Québécois prévoit de prendre des vacances cet été, tandis qu'un tiers est encore incertain. « Ça dénote une certaine insécurité », remarque Youri Rivest, associé chez Synopsis. En d'autres mots : la demande est là, mais elle est conditionnelle. Le coût de la vie, l'anxiété économique liée aux tarifs douaniers et le sentiment diffus que le monde est devenu franchement imprévisible refroidissent une partie des ardeurs. Ce n'est pas parce qu'on boycotte Orlando qu'on saute automatiquement dans un kayak en Gaspésie.
Québec, ville de choix
Parmi ceux qui voyageront, la concentration sur le Québec est frappante. La vaste majorité compte rester dans la province, et parmi les Québécois qui ont l'intention de voyager dans la province cet été, 29 % prévoient visiter Québec, loin devant Montréal, la Gaspésie et Charlevoix, qui récoltent chacun 18 %. Destination Québec Cité roule sur l'or depuis quelques années, et 2026 ne devrait pas faire exception, même si les records de 2025, notamment portés par une forte saison de croisières, seront difficiles à surpasser.

Parmi toutes les villes canadiennes, Québec arrive en deuxième position pour la plus forte augmentation de réservations (85%) pour cet été, en date de février 2026, comparativement à 2025. Montréal est la seule autre ville dans ce palmarès, arrivant en 9e position avec une augmentation prévue de 28%.
Pour les ATR, offices de tourisme, hôteliers et opérateurs de toutes tailles, la période est donc à double tranchant. D'un côté, le secteur de l'hébergement au Canada roulait déjà à pleine capacité en amorçant l'été, avec des taux d'occupation et des tarifs de chambres qui sont demeurés solides malgré un ralentissement des visiteurs américains.
Retour des voyageurs internationaux et Coupe du Monde
Avec le boycott américain qui ne montre aucun signe d'essoufflement et l'effet FIFA Coupe du monde 2026 à Toronto et à Vancouver, le secteur touristique domestique canadien est bien positionné pour vivre une autre année record.
La pénurie de capacité dans certaines destinations populaires est par contre un risque réel : trop de demande concentrée, trop peu d'options disponibles, et c'est l'expérience client qui en souffre. De l'autre côté, des opérateurs rapportent davantage de Canadiens en voyage, mais aussi une présence accrue de touristes européens qui, eux aussi, revoient leurs plans face à la complexité des États-Unis.
Ce segment européen mérite qu'on s'y attarde. Il voyage plus longtemps, dépense davantage en expériences authentiques et cherche exactement ce que le Québec a de plus distinctif à offrir : culture française en Amérique, nature spectaculaire, gastronomie ancrée dans le terroir. C'est un client moins sensible au prix des billets d'avion qu'au rapport qualité-expérience. Les destinations qui ont investi dans leur positionnement international ces dernières années sont mieux placées pour en récolter les fruits cet été.
Alors, année record ou pas?
Quelques réflexes s'imposent à court terme pour les organisations touristiques : optimiser la visibilité sur les plateformes de réservation en temps réel, assouplir les politiques d'annulation pour rassurer les indécis, et miser sur des contenus qui vendent le sentiment de sécurité autant que le dépaysement. Les Québécois ont envie de voyager. Ils ont juste besoin qu'on leur confirme que c'est une bonne idée!
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